Dimanche 16 décembre 2007
Quoi de plus passionnant que la vie d'un étudiant?
Après un Baccalauréat Scientifique réussi de justesse grâce à la repêche des élèves pour atteindre le cota des 80% d'admis, je me suis présentée devant la porte de l'Université de Bordeaux
1. Rien de bien brillant, je faisais parti des rebuts des filières prestigieuses scientifiques : classes préparatoires, grandes écoles... Pas assez douée, trop moyenne, etc. A leurs yeux, il
n'aurait jamais fallu que je vienne au monde. Je suis donc arrivée comme un déchet sur les bancs de la fac pour commencer des études de biologie.
C'était l'époque où le mot
"Bio-Technologie" était en tête de tous les discours branchés High-Tech. Toutes les combinaisons étaient d'ailleurs autorisées sans que l'on sache vraiment ce que c'était : Bio-Informatique,
Bio-Mécanique, Bio-Electronique, Bio-Physique, Bio-Imagerie, Bio-Molécules… Avec une spéciale dédicace pour le terme : Nano-Bio-Technologie. En un mot, le "Bio" se vendait bien, dans les yaourts
comme dans la science !
Les cours en amphithéâtre sur le cycle de reproduction des algues et la classification des insectes diluèrent mes rêves de
biologie High-Tech dans une soupe au désespoir. L’université en France est LA garante de la connaissance obsolète. Il n’y avait aucun avenir dans la compréhension du tube digestif d’un
termite mais ça meublait facilement 3 heures de cours grassement payées pour vomir les phrases d’un bouquin en ayant l’air intelligent et en exhibant son titre de « Docteur ». Les
Bio-machin-truc-choses, ça n’existe pas, c’est de la pure science-fiction à l’Université française!
Après une année où je n’étais pas vraiment assommée de travail et où j’ingurgitais sans avoir à comprendre, le vent tourna
favorablement. Opportuniste à mes heures
perdues, je m’inscrivis
dans une section spéciale de l’Université pour ceux qui veulent se présenter aux concours des écoles d’ingénieurs. Comprendre : « voici la porte de sortie si votre cerveau ne s’est
pas trop ramolli ». J’y courus !
Par ++ Cecile ++
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Dimanche 16 décembre 2007
Fin du DEUG, les concours écrits sont finis, j’ai envoyé des dossiers dans tous les coins de France,
j’attendais… Pas vraiment passionnée par l’agronomie, j’espérais que la chance vienne m’aider un peu pour m’orienter vers un côté plus médical de la biologie. Regardant mon CV vide, je me suis dit
que de simples ambitions ne suffiraient pas à avoir une quelconque reconnaissance. Je partis en quête d’un stage. Un laboratoire de recherche ferait bien l’affaire pour deux mois d’été, je me
rendis directement dans un laboratoire de recherche médical sur le campus de Bordeaux 1.
Je me souviens avoir poussée la porte d’un bâtiment délabré un jeudi en
milieu d’après-midi. Tout était désert, pas un chercheur visible sur les deux premiers étages. Tous à la plage ?! Je suis finalement rentrée dans le laboratoire d’un de mes professeurs et je
croisai le grouillot de service qui nous faisait les TD. Contente de voir enfin quelqu'un, je lui ai annoncé que je voudrais bien faire un stage dans son labo car ces cours m’ont beaucoup
intéressé blablabla… Ca réponse ne se fit pas attendre :
« Mais qu’est-ce que tu vas faire ici ! Fais comme tout le monde, va à la plage ! »
Tellement surprise et attristée par sa réponse je réplique :
« Mais Monsieur, je ne suis pas comme tout le monde !»
Je tournai les talons et me suis dirigée vers la porte de sortie. Mais avant d’avoir attrapée la poignée, une étudiante du labo m’accrocha la manche et m’entraîna dans un petit coin.
« J’ai entendu la conversation, je vois que tu es super motivée mais ici personne ne s’occupera de toi. Je suis doctorante dans ce labo et ils s’en foutent tous. Alors je ne voudrais pas que
tu sois démotivée. Va voir du côté de la faculté de médecine, il y a un nouveau labo qui s’est construit. Ce sera plus sympa. »
Je ne l’ai jamais revue et je ne connais pas son nom, mais je lui dois un grand merci !
Je commençais mon stage fin mai dans un laboratoire de l'INSERM de la
faculté de médecine de Bordeaux. Cela m’a permis de patienter en attendant les résultats des écoles d’ingénieurs et d’ajouter à mon CV ma première expérience significative en biologie. Je faisais
des manipulations simples sur des salamandres et des grenouilles. La biologie ressemblait plus à de la cuisine qu’à de la science. Au final, cela m’a bien amusé et j’ai trouvé ce stage
super !
Fin juin, j’avais une réponse positive pour une école d’ingénieurs sur Paris.
J'ai emménagé dans le 12ème arrondissement fin août. Début de ma vie Parisienne.
Par ++ Cecile ++
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